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Faudrait voir (à ne pas rater) : La Nature silencieuse, Paysages d’Odilon Redon

Odilon Redon
Une actualité de Sophie Poirier
Publié le 16/12/2016
L’âme de certains peintres se voit dans la nature… Odilon Redon, artiste de la fin du XIXe siècle, a aimé, avec une simplicité apparente, peindre les paysages vides, sans aucune présence, même au lointain. C’est le paysage qui est humain, dit-il… À la Galerie des Beaux-arts, une exposition idéale pour s’extraire du monde agité.
Après cette visite, vous vous surprendrez à regarder beaucoup les arbres, quand ils se découpent, seul, à l’écart dans un décor. Odilon Redon les peint délicatement, isolés et touchants. L’artiste, pris dès l’enfance par la beauté de la nature, et notamment celle du Médoc où il a grandi, ne s’intéresse pas au grandiose. Aux mises en scènes spectaculaires, il préfère la poésie d’un rocher écarté des autres, plutôt ce vieil arbre tordu dans la prairie, ou ce tronc foudroyé et nu, ou celui-ci, au feuillage épais et vert vif au milieu du large ciel bleu pur. Le goût de l’étude, de l’observation fine, et une rêverie un peu romantique, mélancolique… le XIXe siècle fait ça aux âmes sensibles. Le rez-de-chaussée de la Galerie rassemble des pochades, consacrées à l’arbre.
L’étage présente encore de belles œuvres, au milieu desquelles vous reprendrez votre souffle. Le bordelais de naissance peint les landes du Médoc, celles des paysages bretons, et aussi les bords de mer, les suds, les moulins, quelques rues… Comme il s’est occupé de l’arbre, il s’exerce avec les rochers. Selon l’humeur du paysage, une couleur domine. Cette solitude, qu’il rend visible, n’est pas angoissante. Au contraire, c’est celle de la respiration, inspiration aussi, moment où les artistes – ce peintre-là sûrement – parviennent à se relier aux paysages… Et même quand il peint les architectures ou les rues, personne ne semble y vivre, on comprend le silence. Dans son usage des couleurs, de la lumière, parfois quelque chose de Magritte. Surtout un petit tableau qui représente un arbre dans une nuit bleue-noire, avec au-dessus une lune brillante : il rappelle le « 16 septembre », un arbre sombre, un ciel bleu-nuit et le croissant de lune si lumineux.

Les œuvres présentées au sous-sol – on est début 20ème - prennent une tournure onirique, déstabilisante aussi. Odilon Redon relié… au sacré, à l’imaginaire total, aux mythes. Sur l’un des tableaux, une barque rouge semble de fortune, les vivants dessus presque effacés, on les distingue à peine, les flots bleus agités, une perdition. Ce bateau, sa couleur… On pense à la Méditerranée et ceux qui traversent. Interprétation exagérée ? Odilon Redon écrit au sujet du regard sur son œuvre : «L’action qui en dérivera dans l’esprit du spectateur l’incitera à des fictions dont les significations seront grandes ou petites, selon sa sensibilité et selon son aptitude imaginaire à tout agrandir ou rapetisser ».
Et partout, dans sa peinture, la présence de cette « petite porte ouverte sur le mystère ».

Renseignez-vous sur les quelques dates prévues pour visiter le domaine de Peyre-Lebade où il a grandi (avec dégustation de vins et de fromages) : Office du Tourisme.

Bibliographie

Pour en savoir plus

La nature silencieuse. Paysages d'Odilon Redon

Du 09/12/2016 au 27/03/2017
Odilon Redon
Du 9 décembre 2016 au 27 mars 2017
Exposition au Musée des Beaux-Arts, en partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Quimper

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