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CARINE DALL'AGNOL curator de l'exposition BDX-LAX FARAWAY SO CLOSE #3

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Une actualité de Barbara F.
Publié le 30/06/2014

Station Ausone a interviewé Carine Dall'Agnol, curator de l'exposition  BDX-LAX FARAWAY SO CLOSE #3 visible en ce moment à l'Espace Saint Rémi.

SA : Est-ce que vous pourriez nous présenter en quelques mots ce projet et l'exposition ?

CDA : Cette édition est la troisième édition de « BDX – LAX Faraway So Close » qui est soutenu et porté par l'association Flash, créée en 2011. Personnellement, j'ai travaillé 2 ans à Los Angeles dans une galerie qui soutenait justement des artistes émergents issus de l'urban culture. Quand je suis rentrée à Bordeaux en 2009, j'ai découvert des artistes bordelais que j'avais très envie de mettre en avant, de rendre un peu plus visible sur notre territoire, mais j'avais aussi envie de faire perdurer ce lien entre Los Angeles et Bordeaux. Et en montant ce projet j'ai découvert que Bordeaux et LA étaient villes jumelles, du coup cela nous a pas mal aidé sur le projet. A partir de là, on a monté un 1er projet en 2012 avec un street artiste connu à l'international, à savoir Dave Kinsey, qui a notamment travaillé avec Shepard Fairey. Ils ont créé à l'époque en 2001 la Black Market Gallery ensemble, puisqu'ils avaient leur studio de graphisme et une galerie attenante. C'est un artiste réputé, talentueux, mais aussi engagé auprès d'artistes peut-être moins connus que lui. Mais aussi engagé politiquement, car il y a un message dans son travail, ce n'est pas uniquement esthétique, c'est un artiste très engagé auprès d'associations, de collectifs. Donc voilà un premier projet avec lui et 9 autres artistes bordelais. Ensuite, on a monté un 2ème projet à Los Angeles, justement dans la galerie de Shepard Fairey, qui s'appelle Subliminal Project. Enfin, nous avons donc monté un 3ème projet cette année avec 3 artistes américains (Mario Wagner - Mike Stilkey - Zoltron) et 3 artistes bordelais (Aerosept - BMD Design – Duch - Freak City - Loic Doudou - Yoko Nono). Cette année, le positionnement de cette expo n'est pas réellement un positionnement de street art. On est sur des artistes issus d'influences communes, à savoir le street-art, le graffiti, le comics, la figuration, etc. Mais le positionnement serait sans doute davantage moderne-art, pop-culture, mais c'était je pense moins accessible comme positionnement vis-à-vis du grand public. C'est pourquoi on l'a appelé art contemporain urbain. Parce que c'est vraiment une transversalité entre différents courants. Ce qui rassemble ces artistes dans cette édition c'est vraiment la transversalité.. D'une part, la transversalité des influences : comme je l'ai dit avant, ce sont des artistes qui ont été amenés à travailler dans la rue mais ce n'est pas une finalité pour eux, ils n'ont pas besoin de travailler dans la rue pour exprimer leur art, excepté peut-être Aerosept qui est un grapheur mais qui travaille maintenant en galerie. Et d'autre part, la transversalité des supports en fait. On le voit dans l'expo, ils travaillent sur tous les supports : la customisation de la machine à sous, du tissus pour Loic Doudou, de la céramique, du bois, du mural pour Mario, des livres. Ils s'expriment vraiment sur différents supports.

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SA : Pourquoi les avoir choisi eux plus spécifiquement ?

CDA : En fait, il faut savoir que Dave Kinsey est le parrain du projet et que l'on est parti sur ce positionnement de la transversalité. Il m'a envoyée une liste d'artistes, d'après laquelle j'ai fait une première sélection. Et pareil de mon côté, j'ai fais une liste d'artistes bordelais. Et on a mixé, on a échangé ensemble. Après il n'y a pas que nous qui choisissons, il y a d'autres facteurs. Il y a des artistes que l'on a sélectionné qui ne pouvaient pas venir, c'est un entonnoir. C'est aussi la rencontre avec l'artiste, ce n'est pas uniquement sur du papier, c'est l'affection au projet, etc. Il y a tout un ensemble de chose qui rentrent en compte.

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SA : Entre ces artistes californiens et bordelais, y-a-t'il une différence de culture qui se ressent ?

CDA : Justement je pense qu'il y a aussi la transversalité au niveau de la culture monde. Autant les artistes bordelais ont été influencés par tout ce qui est culture populaire, comics 80s, etc. Donc très américain, on le voit sur tous d'ailleurs. Autant les artistes américains sont eux aussi influencé par des courants artistiques européens. Avec Mike, on est sur des courants littéraires, artistiques, romantiques européens . Mario, c'est Richard Hamilton. Avec Zoltron, peut-être pas esthétiquement ou artistiquement, mais on est plus sur des engagements politiques à l'européenne on va dire, peut-être à la française, avec des messages très forts. C'est un monde en quelque sorte en fusion. Ils sont autant influencés les uns et les autres par les courants d'Europe et des Etats-Unis.

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