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FAUDRAIT VOIR (à ne pas rater) : LE TRAIT SCULPTÉ / GEORGES DORIGNAC / GALERIE DES BEAUX-ARTS

Georges Dorignac
Une actualité de Sophie Poirier
Publié le 07/08/2017
C’est un peintre en son temps salué par les critiques d’art, encouragé par Modigliani et Soutine. Et pourtant oublié, après sa mort en 1925, à l’âge de 46 ans. Cette première exposition monographique - coproduite avec le musée d’art La Piscine (Roubaix)- permet de découvrir l’oeuvre de Georges Dorignac, qui fut, très jeune, élève à l’école des Beaux-arts de Bordeaux.

« Dorignac sculpte ses dessins », disait Rodin. On comprend immédiatement ce que le génial sculpteur voulait dire, en voyant les Visages de nuit, que Dorignac a réalisé entre 1910 et 1913. Le choix d’un fond jaune pour les cimaises accentue la force de ces portraits noirs. Têtes, masques et Portraits spectaculaires, d’un noir profond, impressionnent par leur minimalisme et leur intensité. Les critiques d’art parlent ici de radicalité, aussi parce que le portrait occupe tout l’espace de la feuille, sans décor, sans histoire qui se raconte. Visages aux yeux baissés, - sauf un, placé au centre, qui regarde derrière vous…- On peut se perdre à notre tour, à les contempler, longuement.

À l’étage, les paysages ou les fresques des projets décoratifs confirment que l’homme est audacieux. S’il a les influences de son époque, il manifeste une grande liberté de création. Son usage de la couleur est pour le coup surprenant, des violets vifs, des roses, des tonalités presque fluorescentes, acidulées. Il faut regarder en détail le foisonnement de la fresque Le Paradis terrestre : une foule de travailleurs, les violences et les chagrins de la vie sur terre, et sur la gauche, des scènes plus joyeuses.

Mais le plus beau se trouve dans la dernière section. On pense au peintre Lucian Freud et cette façon de peindre la chair et les corps massifs, en gros plan. Dorignac dessine des travailleurs, courbés, harassés. Les dos touchent presque le haut de la feuille, comme prisonniers du destin. Paysannes, laveuses, ou haleurs, leurs corps sont épuisés, tendus sous l’effort, magnifiques pourtant. À faire d’eux les sujets d’œuvres d’art, on pourrait y lire une dénonciation, au moins une compassion…

Et puis, la série des nus, superbe. Là aussi, on reste longtemps, ému par la présence charnelle de ces dessins. Il faut un grand talent pour arriver à cette simplicité sublime.
Encore une très belle exposition à la Galerie des Beaux-Arts.

 

GEORGES DORIGNAC, LE TRAIT SCULPTÉ, Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux, jusqu’au 17 septembre 2017

Bibliographie

Pour en savoir plus

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